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Monnaie unique : La jeunesse francophone est-elle prête à intégrer les mutations à venir ?

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La monnaie unique annoncée dans l’espace CEDEAO apportera assurément de nombreux changements qui évidemment modifieront les habitudes des jeunes francophones. Ce qui changera fondamentalement pour les entrepreneurs francophones   sera la pression concurrentielle avec l’arrivée des anglophones dans l’espace avec un mindset différent et l’environnement bancaire pour l’accès au crédit.  

Un Système bancaire moins collaboratif et mercantiliste

Notre environnement d’affaire a pendant de nombreuses années été influencé par un système bancaire commerciale, calqué sur le modèle français. En 1975, alors que Georges Pompidou, ancien directeur de la banque Rothschild, accède à la présidence de la république, il interdit tout emprunt auprès de la banque de France. Les banques commerciales devenant les seuls instruments de financement de l’économie. Dans la foulée, ce système sera imposé d’office dans les anciennes colonies françaises qui n’auront pas de banque nationale d’investissement. Avec le temps, les succursales des banques étrangères dans notre espace ont eu la gestion exclusive des salaires de tous les travailleurs. Ce qui est largement suffisant pour garantir leurs résultats positifs. Pourquoi alors financer l’investissement et risquer des capitaux ?  C’est ici que l’on a mis à mort la création d’entreprises par les francophones de la zone, et où les investissements appartiennent à 51% aux entreprises étrangères.

Points et pieds liés par des taux d’intérêts à plus de 13%, les jeunes entrepreneurs ivoiriens par exemples sont obligés de se tourner vers des investisseurs étrangers. Mais là encore, lever des fonds à l’extérieur crée plus de problèmes ; pot de vin, tracasseries administratives, influences politiques et lourdeurs administratives découragent les plus audacieux. Ce fut le cas de l’association AFAASE, qui entre 2007 et 2009 avait levé 5 millions d’euros, soit plus de 3 milliards de FCFA dédiés au soutien de jeunes entrepreneurs en milieu rural et quelques projets innovants. Dès le virement des premiers montants, le coordinateur du projet en Côte d’Ivoire et sa partenaire française Eliane G. ont été arrêtés sur l’axe Abidjan Toumodi, puis jetés sans procès à la prison de la ville jusqu’à ce que, 5 mois après, le consulat de France en soit informé. Ils seront relaxés et le projet mort, pendant que 400 millions de Fcfa, resteront bloqués par le gouvernement pour investigation à ce jour. Autant d’influences que la nouvelle monnaie pourrait faire disparaître.

L’Eco, une opportunité à travers les mailles des succursales de banques françaises.

L’ECO pourrait être une chance pour les francophones de la CEDEAO. L’avènement de la nouvelle monnaie unique de l’espace ouvrira le marché de l’espace à de nouvelles entreprises anglophones, dont des banques. Mais également, une génération d’entrepreneurs plus outillés que les francophones avec des habitudes rodées auprès des banques de leurs pays d’origine, viendront à la rencontre de nouvelles opportunités. C’est l’exemple de MAX.ng. La start-Up nigériane a réussi à mobiliser 7 millions $, soit un peu plus de 4 032 630 000 Fcfa pour financer son expansion dans près de 10 villes ouest-africaines, renforcer son équipe de travail et développer au cours des prochaines années un système de transport et de livraison avec des véhicules à trois roues. Une sorte de Huber de mototaxi. Parmi ses financiers, nous avons la firme de capital-risque nigériane Novastar Ventures et bien d’autres. C’est entre autres le type de concurrents qui investiront nos marchés. Même si ces implantations pourraient favoriser la mise en place de partenariats profitables, avant d’ouvrir un accès plus aisé à des conditions raisonnables, au crédit à l’investissement, il faut que nos entrepreneurs s’activent. Il faudrait nécessairement se défaire de la politique pour prendre avantage des nouvelles opportunités qui s’annoncent, pour deux raisons essentielles ; La connaissance de nos marchés et la maîtrise de nos niches d’activités.

Si le système bancaire actuel et l’environnement politique ont été pendant longtemps des obstacles à l’épanouissement des entrepreneurs, il n’en demeure pas moins qu’à force d’insister et de créer des projets, les entrepreneurs de notre espace maîtrisent et comprenne le fonctionnement du marché. Ils ont identifié des segments, étudiés leurs rentabilités, justement sur des niches d’activités. L’agriculture, à travers des nouvelles niches, qui reste encore le secteur moins investi par exemple, représente pour la côte d’Ivoire seule 60% des emplois et plusieurs milliards de Fcfa de chiffres d’affaires dans les domaines de l’exploitation, les services et la logistique. Se référer à l’importance du montant des prêts de la banque mondiale au gouvernement ivoirien. Près d’un milliard de dollars américain de prêt conclu, même si cela n’a eu encore aucun impact véritable sur le secteur. Les chiffres du marché de gros de Bouaké restent également éloquents pour attester de la viabilité du secteur. Alors à défaut d’être en première ligne, se préparer à être des partenaires de poids sur notre marché, serait la bonne attitude à avoir au contact de nos partenaires anglophones futurs.

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