CHARGEMENT

Tapez pour rechercher

Actualités Société

Les chasseurs traditionnels mystiques, guérisseurs de l’humanité

Partager

Ils sont environ 30.000 au total vivant sur le territoire ivoirien. Eux, ce sont les « dozos », les chasseurs traditionnels. Ayant hérité des pouvoirs mystiques de leurs ancêtres, ils conservent une tradition qu’ils lèguent de génération en génération.

Une armée de chasseurs traditionnels

Nous sommes à San-Pédro, pôle du tourisme balnéaire. Une ville située à 300 kilomètres de Babi (Abidjan). San-Pédro est l’une des destinations privilégiées des visiteurs. La ville a été malheureusement été l’une des plus touchées par la crise post-électorale de 2010 à 2011. Pourtant, nombre d’étrangers tels que les Libanais et les Français y vivent. Et pour se protéger des attaques extérieures tout en assurant leur sécurité, la plupart de ces étrangers ont fait appel aux dozos.

Au quartier Colombie, dans une maison en argile recouverte d’une toiture de paille, trois petites pièces font office d’administration. Ces pièces servent également de chambres à coucher pour ces dozos. Mythiques et résilients, ces chasseurs traditionnels se réclament gardiens des secrets ancestraux, des qualités hors du commun faisant d’eux, les hommes les plus craints de l’Afrique de l’ouest. Ce matin-là, nous avons rendez-vous avec Diarrassouba. Un quinquagénaire qui a combattu aux côtés des Forces Nouvelles pour installer l’actuel pouvoir ivoirien. En conservateur du temple, Diarrassouba nous explique la fonction de dozo.

« La quête du gibier est la première activité du dozo. Le plus ancien des chasseurs inscrits dans l’histoire des hommes blancs, c’est Soundjata Kéita. Il a créé pendant le moyen-âge l’Empire Mandingue qui a rayonné sur une grande partie du Sahel actuel. Pendant les grandes cérémonies, on raconte encore les récits des plus grands dozos. Ceux qui ont terrassé des animaux féroces comme les lions, les panthères. Des fauves qui attaquaient des villages, décimant bétail, femme et enfants. »

Diarrasouba agite lentement la chasse-mouches qu’il tient avant de continuer. « A l’époque, il n’y avait pas de médecins. Le dozo jouait ce rôle. Aujourd’hui encore, je soigne beaucoup de maladies. De tous les coins. De la Côte d’Ivoire, du Ghana, de la France, des Etats-Unis. » Dépositaires de savoirs mystiques séculaires, les dozos auraient cette capacité de reconnaître les mauvais esprits. D’où leur invulnérabilité aux balles, la capacité de se transformer en lion, en vent et autres.

« Nous avons nos secrets » se contente de dire Diarrassouba, énigmatique. Au Libéria voisin et en Sierra Leone, nous avons les Kamajors, homologues des dozos. Transformés en guérilleros sanguinaires, les Kamajors marqueront les esprits durant la guerre du Libéria, selon le Journal Jeune Afrique. L’histoire retiendra l’intrusion massive des dozos dans le règlement des conflits de certains pays comme la Côte d’Ivoire mais aussi leur survie à la traite négrière et à la colonisation française.

Source: Eric Biantuadi Senga , Kingfantaz (Mathieu Lévi) et Jeune Afrique

Mathieu Lévy

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Required fields are marked *