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Côte d’Ivoire/ Semlex : Revoilà Albert Karaziwan après un appel d’offre pipé pour 460 milliards Fcfa

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La misse en place d’un registre national des personnes physiques (RNPP) par le gouvernement ivoirien a débouché sur une grosse polémique qui alimente encore les débats en Côte d’Ivoire. Entre le Coût de la CNI supporté par le citoyen et le prestataire choisi par le gouvernement pour donner suite à un appel d’offre pipé, l’on se pose encore des questions sur le choix d’un prestataire qui traîne d’énormes casseroles.

Albert Karaziwan, un personnage aux liens politiques singuliers

Albert Karaziwan (photo) est un homme d’affaires né en Syrie, citoyen belge, et dont l’entreprise, Semlex Group, a produit des passeports et d’autres documents d’identité pour les Comores et une douzaine d’autres pays africains.

L’homme d’affaires belge est né à Alep, en Syrie, en 1958, au sein d’une famille de huit enfants. Il a déménagé dans les années 80 à Bruxelles pour ses études, puis s’est marié avec Catherine Laurent. Après ses études, Albert Karaziwan a investi dans l’immobilier, la restauration et l’hôtellerie, selon le site internet de son entreprise. Il a créé Semlex en 1992, et a fait fortune. D’après une enquête de nos confrère Reuters, une copie de son CV partagée avec des collègues, en 2008, stipule que ses entreprises représentent une valeur cumulée de 100 millions d’euros. Mais ça c’était Avant le l’identification et le fichage des citoyens des pays qui le sollicitent pour des projets d’édition de document d’identité. Un homme qui a fait fortune, mais sans avoir utilisé toujours la manière. C’est aux Comores que l’un de ses premiers soucis commencent avec un contrat portant édition de documents d’identité. Selon Reuters qui est entré en possession de documents officiels (contrats, emails, etc…), Albert Karaziwan a utilisé ses relations politiques pour faire des affaires aux Comores et dans d’autres pays africains, parfois sans passer par des procédures d’appel d’offre et quelques fois en effectuant des paiements à des intermédiaires. Selon le confrère, aux Comores, où Semlex a conclu un contrat de fourniture de passeports et d’autres documents en 2007, Albert Karaziwan a été nommé conseiller spécial et ambassadeur itinérant par l’ancien président Ahmed Abdallah Mohammed Sambi. Mais ces nominations ne sont pas sans petits cadeaux ; Trois passeports diplomatiques à son épouse, à son fils, à certains employés de Semlex et à lui, ont été offerts par les autorités pour faciliter ses activités.

Semlex, des prestations qui coûtent chers aux citoyens des pays africains

Les activités d’Albert Karaziwan ont coûté cher à beaucoup de citoyens africains, selon les enquêtes de Reuters. Le premier pays en avoir fait les frais est la République Démocratique du Congo. Sollicité par l’ex-président Joseph Kabila pour confectionner des passeports biométriques, les citoyens devraient payer 185 dollars (environ 155 euros) l’unité, contre 100 dollars (84 euros) auparavant. Une situation qui avait suscité la colère des congolais. Sur ces 185 dollars, 60 vont directement à une société obscure du Golfe, possédée par un proche du président congolais Joseph Kabila, selon des documents et une source proche du dossier. Cela pourrait expliquer les motivations de David Ouattara, fils du président de la Cote d’Ivoire Alassane Ouattara, à s’immiscer dans un dossier gouvernemental alors qu’il n’a aucune fonction officielle. Pour ce juteux contrat de 12 ans d’une valeur de 460 milliards Fcfa, qui prévoit l’édition de 36 millions de documents biométriques, Semlex a sollicité David Ouattara pour donner un coup de pouce à son dossier auprès du premier ministre Gon Coulibaly. Coup de Lobbying  très réussi par ailleurs, car Semlex est retenue. Le contenu du contrat inscrit dans le programme RNPP du gouvernement porte sur « le processus de mise en place des solutions qui composent le RNPP s’étalera sur deux (2) ans avec une priorité pour la solution devant permettre la production des cartes nationales d’identité (CNI). Le système est dimensionné pour produire au moins 36 millions de cartes pendant la durée du contrat, dont 12 millions pendant les deux (2) premières années, afin de satisfaire aux besoins de renouvellement des CNI venant à expiration à compter de juin 2019 ».  

En plus d’avoir obtenu le contrat, Semlex bénéficie désormais d’un cadre légal pour faire payer aux pétitionnaires 5000Fcfa (7,5 euros) pour l’édition des nouvelles CNI sur la durée du Contrat. Les députés de la majorité RHDP ont voté le 26 Juin 2019 pour l’application de ces frais et donné quitus au président pour prendre une ordonnance dans ce sens. Cependant, en ce qui concerne l’édition de titres d’identités, Albert Karaziwan est sous le coup d’une enquête parlementaire. Une commission d’enquête parlementaire investigue actuellement sur la vente de passeports à des étrangers. Les enquêteurs ont découvert que plus de 2.800 passeports diplomatiques des Comores ont été délivrés depuis 2008, sur une population d’environ 800.000 personnes.  A qui a profité les revenus de cette opération frauduleuse ? L’issue de l’enquête nous le dira. Toutefois, en Côte d’Ivoire où la question de la nationalité reste encore sensible, un tel profil n’est pas fait pour rassurer les ivoiriens, qui avalent mal la pilule des frais d’édition de leur nouvelle CNI.

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