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Côte d’Ivoire : Marchés publics et financements, des liens qui aident

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En 2018, les enquêtes sur West Africa Leaks ont montré à quel point il était facile pour les fonctionnaires corrompus, les blanchisseurs d’argent et d’autres criminels d’Afrique de l’Ouest de se cacher derrière des sociétés anonymes pour avoir accès au système financier mondial. Des personnes puissantes et bien connectées auraient eu recours à des appuis juridiques secrets pour dissimuler leurs conflits d’intérêts pour détourner des fonds publics. En Côte d’Ivoire, cela commence par les marchés publics.

Agriculture, 52.6 millions de dollars dormants

Le Premier Ministre Gon Coulibaly, lors des Réunions de printemps fmi-banque mondiale : washington entend renforcer l’investissement prive americain en Côte d’ivoire

En côte d’ivoire cela est de tradition. Depuis son accession au pouvoir, des proches du président Ouattara tirent profit de leur position dominante. Ils font main basse sur des pans entiers des secteurs stratégiques de l’économie du pays, et profitent aussi bien du système financier international. C’est le cas de certains dirigeants du ministère de l’agriculture. En Décembre 2015, la Banque Mondiale approuvait un financement de 2.6 millions de dollars, sur présentation d’un projet du ministère de l’Agriculture portant sur le financement de l’encadrement et la formation d’agriculteurs au nord du pays. Ce projet n’a jamais vu le jour, sinon aucun rapport n’a été fait sur son état d’avancement. Avant ce projet, la même Banque Mondiale avait décaissé en Janvier 2015, un financement initial de 50 millions de dollars dans le cadre du Youth Employment and Skills Development.

Ce projet instruit par le Ministère de l’Économie et des Finances le 28 janvier 2015, avec pour maître d’œuvre le ministère de l’Emploi, des Affaires sociales et de la Solidarité, avait été approuvé le 13 février 2015 sous le numéro P151844. Aucune nouvelle depuis, en rapport avec le déploiement dudit projet. Entre temps, Aguie Amaffon Germain, en charge du suivi du projet auprès de la Banque mondiale pour le compte de l’état de Côte d’Ivoire a créé en 2018 une société. D’un capital social de 5 000 000 F CFA, la « société agricole de la Comoé » en abrégé « S.A.C SARL », a repris en son objet l’intitulé du dossier de financement présenté à la Banque Mondiale. Une parade de cette société écran pour capter une partie des fonds, dont l’état de Côte d’Ivoire ne fait aucun rapport sur leur utilisation. Des pratiques qui sont courantes dans le pays, sous tous les gouvernements qui se succèdent.

Marchés publics à tour de bras et lobbying croisé  

Les bâtiments construits par Adama Bictogo, après l octroie du marché par la présidence de la république, à l occasion des jeux de la francophonie

Dans le même système de positions dominantes, l’entreprise française Canal Overseas obtient en 2016 l’exploitation de la TNT en Côte d’Ivoire, sous l’impulsion de Nathalie Folloroux, belle-fille du président Alassane Ouattara et membre du conseil d’administration de la filiale française. Adama Bictogo, proche du président ivoirien, a lui, obtenu le marché de la construction du site d’hébergement des participants aux derniers jeux de la Francophonie à Abidjan, sans appel d’offre. Sa société immobilière avait vu le jour quelques semaines avant l’attribution de ce contrat.

David Ouattara, fils du président ivoirien dont le lobbying auprès de son père s est soldé par l octroi du marché de la confection des documents biométriques à Semlex pour 460 Milliards Fcfa

Autour du président ivoirien, de nombreux proches se voient attribuer plusieurs marchés publics représentant des centaines de millions de dollars. En 2018, Transparency International indiquait que la Côte d’Ivoire avait amélioré son rang sur l’indice de perception de Corruption. Toutefois les attributions de marchés publics, gré à gré, connus du public constituent des faits avérés de corruption. La dernière affaire en date qui met un point d’honneur à cette pratique est celle de Semlex.  Le rôle crucial joué par le fils du président ivoirien, David Ouattara, dans l’attribution du marché des documents biométriques, à l’entreprise Semlex pour un montant de plus de 920 millions $, relance le débat de la corruption au sein de l’administration ivoirienne. Les entreprises appuyées par le lobbying du ministre de la défense Hamed Bakayoko et d’Adama Bictogo avaient ainsi perdu un « appel d’offre à huis-clos », selon La lettre du Continent.

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