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Côte d’Ivoire: Diana Blé, condamnée pour trouble à l’ordre public!

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La presse ivoirienne avait largement relayé le  verdict du procès de Diana Blé. Et ce, en occultant souvent des aspects importants de cette affaire. L’étudiante qui s’est volontairement rendue à la police, a été condamnée à 12 mois fermes de prison. Sans qu’aucune enquête n’ait été menée pour situer sa responsabilité. Portant, une enfant est en prison pour trouble à l’ordre public, selon les us de la justice ivoirienne. Alors, même si le chapitre de cette affaire semble clos, il n’en demeure pas moi utile de revisiter le contexte de l’affaire qu’il convient  aujourd’hui de nommer « l’affaire Diana Blé ».

Le silence du comité d’organisation a-t-il laissé prospérer les rumeurs et troubler l’ordre public?

A la mort tragique de l’artiste DJ ARAFAT le 12 Août 2019, l’émoi  était à son comble à travers le monde. Et particulièrement chez ses fans ivoiriens. Dans la foulée des hommages qui se sont organisés, un comité d’organisation était en charge des obsèques devenus nationaux. La proximité du défunt avec le ministre Hamed Bakayoko en est l’essence. « Un père » par alliance qui s’était accaparé des obsèques et de la dépouille du défunt, au grand dam de la famille. La mère et la conjointe de l’artiste , n’auraient pas vu la dépouille de leur fils et homme jusqu’à son inhumation.  Une vidéo de la séquence de recueillement sur le cercueil au stade, montre bien la mère insistant pour voir le corps, elle en est empêchée.

Cet épisode vient amplifier les supputations qui alimentaient les rumeurs de prétendus sacrifices rituels opérés sur la dépouille de l’Artiste. Les réseau sociaux très bien intégrés dans les habitudes des ivoiriens, y ont largement contribué. 15 Jours durant, aucun communiqué officiel n’est venu étanché la soif d’information des fans de l’artiste. Soit pour démentir les rumeurs qui circulaient, ou soit apporter la preuve de l’intégrité du corps de leur idole. Ce dialogue de sourd entre la population et le comité d’organisation, a exacerbé la  curiosité des fans. Le mutisme de la cellule de communication a été constaté sur le sujet. Telles sont les  conditions qui auraient pu, entre autres, justifier la déferlante de jeunes qui ont en réalité exhumé le corps de l’artiste.

Des coupables, pour détourner le public de la responsabilité du comité d’organisation.

Entendons que la notion de l’ordre public définit tout simplement la paix sociale. Et, le  trouble à l’ordre public, est l’atteinte significative à la paix publique. Surtout lorsque le trouble provoque un danger ou une restriction des libertés des autres citoyens. Alors, comment serait-il possible qu’un commentaire sur Facebook aurait pu constituer un acte troublant l’ordre publique? Au regard du contexte des événements et des faits mentionnés plus haut, il est logique de se demander pourquoi Diana Blé paierait-elle pour la faute des autres?

 Admettons que le commentaire sur Facebook lui soit attribué. Elle ne tombe que sous le coup d’une loi qui ne sanctionne les infractions de diffamation . De plus, l’infraction de diffamation sous toutes ses formes, n’est prévue que par la loi portant régime juridique de la presse en ses articles 90 à 94 et 96 á 97. Seules des amendes la sanctionnent. Pourtant, Diana Blé interpellée sur la base matériel d’un commentaire, ne peut faire l’objet d’une mesure de garde à vue, ni de détention. Car puni seulement par une peine d’amende. Alors, Comment la justice ivoirienne a pu brandir l’infraction de trouble à l’ordre publique?  

Le comité d’organisation des obsèques de Dj Arafat, lors d’une rencontre avec le ministre de la culture

S’il y’a eu trouble à l’ordre publique, cela est de la responsabilité du comité d’organisation. Le flou entretenu par le comité d’organisation autour de la dépouille et des obsèques de Houon Ange Didier, pourrait être  la cause de l’acte de profanation. Il appartenait au comité d’organisation de réguler sa communication en situation de crise. A moins que la compétence des personnes en charges soit mis en cause. La justice ivoirienne qui ne prends souvent pas le soin de mener des enquêtes, creuse le faussé de confiance entre l’institution judiciaire et le peuple de Côte d’Ivoire.

Garder cette jeune femme en prison, « pour donner l’exemple », fait acte de détention arbitraire. L’incarcération de Diana Blé devrait cesser pour servir le droit et la Justice. Par ailleurs, une véritable enquête devrait situer les vraies responsabilité dans cette affaire et blanchir Diana Blé.

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