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La lettre de Poy Liad'édito

Côte d’Ivoire: De Laurent Gbagbo à Konan Bédié, ces choix qui ont desservi le pays

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« Le succès de ce pays, repose sur l’agriculture »! Un puissant phrasée qui a bercé les enfants des années 1980 en Côte d’Ivoire. Il était du premier président de la république, qui avait une haute idée de la clé du succès économique de son pays. La formation et l’agriculture étaient un sacerdoce pour lui. Un pays foncièrement agricole ne pouvait compter sur le pétrole qu’il ne sait pas transformer pour se développer. L’agriculture était donc le chemin a emprunter, et la formation de la jeunesse la porte de la prospérité . Mais après sa disparition en 1993, le succès de la Côte d’Ivoire repose désormais sur l’incertitude des chiffres et agrégats virtuels, loin des réalités agricoles et des populations visiblement désabusées. Entre espérance refoulée et promesses politiques, les nuages de l’incertitude squattent les horizons  d’une émergence qui reste encore virtuelles. Qu’attendre donc d’une alliance entre Laurent Gbagbo et Konan Bédié?

Henri Konan Bédié accomplissant son devoir civique lors de l élection présidentielle du 22 Octobre 1995

Génération sacrifiée sur l’autel d’intérêts privés

Le multipartisme des années 1990 a apporté la démocratie, la liberté d’expression et de conscience politique. Mais la démocratie à des règles que tout homme aspirant à diriger un peuple doit pouvoir appliquer. Pour favoriser la pleine expression des libertés publiques, il faut l’éducation, la santé et la sécurité équitablement pour tous. Pourtant, ceux qui à cette époque étaient dans l’opposition et qui ont été les pionniers du multipartisme ont tous gouverné le pays, sans que la moindre avancée n’ait été enregistrée sur ces trois aspects.  Entre 1993 et 1995, lorsque la crise de l’éducation nationale se pose, la réforme du ministre Pierre Kipré se heurte aux exigences de la banque mondiale et du FMI. L’éducation et la formation des ivoiriens dépendait des aides au développement. Jusque là financé par un fond de la coopération française, la Côte d’Ivoire devait faire un choix pour l’éducation et la formation de sa jeunesse. Faire financer la reforme de l’éducation national par des investisseurs privés, qui entendent de rentabiliser l’opération par un taux d’intérêt. Ou laisser sombrer un système qui portait déjà les impacts de la mutation politique et social qui avait cours dans le pays.

le ministre Pierre Kipré, ministre de léducation nationale dans le gouvernement d Henri Konan Bédié entre 1993 et 1995

 Il y avait déjà plus de 150 000 étudiants à l’université de Cocody prévue pour accueillir 50 000 étudiants. Bouaké et Abobo Adjamé n’ayant pu absorber les effectifs qui s’accroissaient chaque année. Un surchauffe qui ne favorisait pas une formation de qualité. Le gouvernement de Henri Konan Bédié a donc fait un choix, et les grandes écoles privées , accessibles aux enfants des héritiers de l’administration Houphouët et des bourgeois ont vu le jour. Les frais d’écolage étaient insupportables pour les paysans dont les cultures de rente peinaient à trouver des acheteurs. Le droit à l’éducation devenais ainsi un business qui va plus tard accroître les inégalités dans le pays. Les écoles et universités publiques bénéficiaient d’un régime spécial et d’un enseignement au rabais. Entre crise économique et lutte politique, il fallait suivre les directives des institutions de breton woods. Entre temps, des générations entière ont été privées de leur droit au savoir. Pas de nouvelles université publiques, ni de politique agricole aboutie à la chute de Bédié en 1999.

A la refondation comme à la récréation avec Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo, porteur de la politique de la refondation, ex président de la république de Côte d Ivoire

La construction de l’Allemagne aurait du inspirer l’historien président Laurent Gbagbo. Après la chute du mur de Berlin le 9 Novembre 1989, les deux Allemagnes ont fait le bilan de l’actif et du passif des deux blocs. Cela a permis de prendre des mesures pour relancer le nouveau pays sur des bases saines. Pourtant, à l’avènement de l’administration de Laurent Gbagbo, le FPI a voulu refonder le pays sur les ruines d’un système dont tous les leviers étaient tenus par la France. 40 ans de politique ivoirienne dont l’essentiel des racines s’abreuvaient à l’Elysée, ne se remplace pas à coup de  slogan politique. La refondation des hommes aguerris à la critique et à l’opposition politique étaient désormais lancée. La bande de professeurs  était prête à transformer le pays, mais avec qui? Les mêmes jeunes formés au rabais, dans nos universités surpeuplées se sont faits hommes.

Pascal Affi Nguessan, Premier ministre du premier gouvernement de Laurent Gbagbo

Vu que la république s’en était lavé les mains, la FESCI en avait pris la charge. L’environnement syndical instauré par la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire sur les campus, avait donné à la nation des « étudiants guérilleros ». Il étaient l’autorité sur les campus et leurs soutiens politiques avait désormais le pouvoir d’état. Le fer de lance de la politique de l’opposition était face à son destin; accompagner l’homme politique qui les a couvé. Le FPI et d’autres partis politiques en ont finalement fait des militants. A  la sorti brutale du gouvernement de la refondation, le bilan est le même. Pas de nouvelles universités construites, ni une implication dans le développement agricole du pays.

Contrairement à Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, Houphouët y croyait

Jusqu’en 1981, les investissements dans le secteur agricole qui représentaient 24,4 % du budget global de l’État sont tombés à 13%. Le président Houphouët Boigny en avait fait une priorité nationale au point d’y consacrer le ¼  du budget, même s’il y’a eu une baisse drastique. Si Le PDCI RDA et le FPI (socialiste) voulaient vraiment faire comme le vieux BÉLIER, cette proportion du budget consacrée à l’investissement dans le développement du secteur, à défaut d’augmenter, devrait être maintenue. Alors que Laurent Gbagbo appelait à la souveraineté nationale, le budget consacré au développement du premier secteur de l’économie ivoirienne continuait de baisser. Après le début de l’apogée du bref miracle ivoirien en 1984, la proportion des investissements dans le secteur est passée de 13 % à 9,7 % sur la période 2002-2007.

Félix Houphouët Boigny, Premier président de la Côte d Ivoire

 « On assiste à une sorte de déconnexion entre politiques agricoles, agence d’offres de services agricoles et les unités familiales d’exploitation agricole » affirmait le ministère de l’Économie, dirigée à l’époque par feu Antoine BOHOUN BOUABRE, dans une étude rendue publique en 2010. Mais plus grave, alors que la proportion du budget à l’investissement baissait, le budget de fonctionnement des structures de gestion de la filière agricole explose. Les ratios dépenses agricoles de fonctionnement sur dépenses agricoles et dépenses agricoles d’investissement sur dépenses agricoles évoluent en sens contraire. Le premier cité connaît son niveau le plus bas en 1999, avec un taux de 41 %, et son niveau le plus élevé en 2006, avec un taux de 82,3 %. Quant au second ratio, son niveau le plus bas s’est établi à 17,7 % en 2006 et son niveau le plus élevé s’est situé à 59 % en 1999. L’État a payé cher des fonctionnaires, plutôt que d’investir chèrement dans le secteur agricole pour développer son potentiel de production. C’est un ensemble de choix difficilement compréhensibles quand on sait que le pays est une économie agricole et que la transformation du secteur est strictement lié à la qualité de la formation de la jeunesse.

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