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La lettre de Poy Liad'édito

Côte d’Ivoire: CEI, un magistrat pour un diplomate et toujours le statut quo

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Le vendredi 27 Septembre dernier,  le nouveau président de la commission électorale indépendante (CEI) et les 14 commissaires centraux prêtaient serment. Au siège du conseil constitutionnel, Mamadou Koné, président de l’institution a rappelé des symboles forts des principes démocratiques; impartialité, référence à la constitution. Mais  au-delà de la forme protocolaire de renouvèlement des équipes, la crise de confiance demeure. Le nouveau Président de la CEI, le magistrat Coulibaly Kuibert Ibrahime,  débute son mandat avec une saisine par les partis d’opposition, de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des peuples. Les même motifs qui avaient contraints le diplomate Youssouf Bakayoko, président sortant à ignorer les recommandations de la cour, reviennent; la majorité des commissaires centraux sont proches du parti au pouvoir. Y’a-t-il de la part du gouvernement une volonté de surfer sur des crises en rapport avec les élections pour garder le pouvoir?.

Mamadou Koné Président du Conseil Constitutionnel

Nouvelle CEI, un passif complexe et des élections à organiser sur fond de crise de confiance

 » Nous avons saisi la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des peuples pour dénoncé cette CEI et nous attendons la décision ». Avait déclaré la député Yasmina Ouégnin sur la chaîne publique française TV5. Il apparait clairement que la classe politique reste profondément divisée sur cette question. Mais le plus inquiétant est que  le pouvoir semble souscrire à une logique de passage en force. Pourtant, hier le président Ouattara, dans l’opposition face au président Laurent Gbagbo, avait obtenu une reforme de la commission électorale indépendante. Même mieux; toutes les commissions locales étaient à 80% composées des membres de l’opposition.

Yasmina Ouégnin, Député de Cocody

Il est pourtant logique que si la paix est une préoccupation pour le pouvoir d’Abidjan, des actes forts seraient mieux que des discours policés. En réalité, la question de la réforme de la Commission électorale remonte à 2016 avec l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’homme. Le gouvernement avait ignoré l’arrêt et les délais imposés par la justice. Et donné comme réponse, l’organisation d’un référendum  portant modification de la constitution, couplée avec l’élection des députés. Finalement, la résolution de cette crise n’a pas été effective au moment où une nouvelle équipe s’installe, héritant dès lors d’un passif complexe. Avec à la clé des élection à organiser dans un environnement  où la justice devient de plus en plus un outil politique. Y’aura-t-il impartialité?

Le droit au service du politique, une recette pour le pouvoir d’Abidjan

Les violences qui ont succédés aux résultats des élections municipales d’octobre 2018 montrent bien que le problème est plus grave. Les enjeux qui sous-tendent l’engagement des organisations politiques ivoiriennes pourraient nous éclairer. L’exemple du divorce du PDCI-RDA d’avec le pouvoir en place après 8 années de cogestion est le plus palpable. Violer un accord dont les clauses sont notoirement connues, sans prendre garde au conséquences est la peuvent que la question de la morale en politique ivoirienne.

Coulibaly Kuibert Ibrahime, Nouveau Président de la Commission électorale indépendante

Les intérêts de groupes  privés restent la priorité. A cet effet, on se demande bien ce qu’Alassane Ouattara a-t-il fait à Soro pour que ce dernier se braque contre lui? Si Ouattara avait accepté le principe de l’alternance au profit du PDCI-RDA, Laurent Gbagbo serait encore resté infréquentable et toute alliance avec lui dans l’opposition aurait été mal vue.

C’est bien là le problème des élection ivoiriennes. Un système s’est construit au détriment de la loi fondamentale et du droit. La quasi totalité des acteurs y trempent au point que le droit est dit variablement selon le camp et les intérêts en présence. Il est parfois difficile même de défendre ceux qui subissent la pression du système judiciaire sur mesure dans le pays. L’importance des intérêts des uns et des autres semble donner au droit, le ton de son application. Les évènements de la mairie du plateau ont trouvés solution dans un compromis politique, et en ignorance totale des résultats des urnes. L’on n’a pas manqué de recourir au droit pour ramollir les positions les plus rigides.

Emmou Sylvestre, Maire PDCI de la Commune de Port-Bouët

De même, Port-Bouët et Grand-Bassam ont également été des zones chaudes. Et le résultats a été presque pareil: « Si vous avez Port-Bouët, nous on garde Grand-Bassam ». La démocratie devrait s’exprimer en 2020, c’est  le souhait des ivoiriens qui commencent à se déconnecter de l’affectif politique pour regarder au rationnel de gouvernance. La question de la CEI passionne de  moins en moins l’opinion nationale. Toutefois, la seule crainte, semble l’issue des échéances électorales. Le bilan de Ouattara qui de loin insatisfait les ivoirien, s’équilibre avec les actions sans impact d’une opposition qui subit la rigueur de la loi.   

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