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Café Cacao : Le CCC, caisse noire d’un mystérieux cartel

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Café chaud, chocolat noir, est notre second dossier hebdomadaire qui fait une incursion dans la filière café cacao.De Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara, la gestion de la filière café cacao a été des plus catastrophique. Entre audits et reformes, aucun gouvernement ne trouve le code managérial parfait pour assurer une gestion parfaite. De Lucien Tapé Doh et feu Henri Amouzou à Yves Brahima Koné, l’actuel baron de la maison du café cacao ivoirien semble patauger dans les mêmes travers que Massandjé Touré-Litsé, qu’il a remplacée en 2016 pour mauvaise gestion. Finalement, l’on est tenté de se poser la question de savoir à qui profit ce flou qu’entretien la mauvaise gestion de la filière.

Etat des lieux d’une filière café cacao émaillée de scandales de détournements

Tapé Doh Lucien, Ex- Patron de la Bourse Café Cacao

Après la chute de Laurent Gbagbo en 2011, le gouvernement d’Alassane avait commandité un audit. Faire l’état des lieux de la filière avant de proposer une réforme. Selon le confère Jeune Afrique, toutes les structures mises en place par Laurent Gbagbo ont pioché dans la soupe. Les experts en charge de l’audit avaient constaté la disparition, entre 2002 et 2008, de 370 milliards de F CFA des caisses des organes de gestion de la filière : le Fonds de régulation et de contrôle (183 milliards), le Fonds de développement et de promotion des activités des producteurs de café et de cacao (136 milliards), la Bourse du café et du cacao (43 milliards) et l’Autorité de régulation du café et du cacao (8 milliards). Entre temps, il y’avait eu cette autre affaire d’achat d’une usine à Fulton aux Etats-Unis qui avait déclenché le scandale. Sous Laurent Gbagbo, la gestion de la filière avait été confiée « aux paysans » ans une alchimie de nomination de barons du FPI, parti au pouvoir à l’époque des faits. Il s’agit entre autres de Firmin Kouakou, Placide Zoungrana et Angéline Kili (épouse de Pascal Affi N’Guessan). Mais aussi des personnalités proches du PDCI-RDA, telles que Lucien Tapé Doh et Kassi Henri Amouzou. Ils avaient été tous condamnés à 20 ans de Prison en 2011.

Les managers chevronnés de Ouattara n’ont pas fait mieux que les paysans de Gbagbo

Yves Brahima Kone , nouveau directeur du conseil café cacao, et son prédécesseur Massandjé Litse Toure / AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO (Photo credit should read ISSOUF SANOGO/AFP/Getty Images)

Après la condamnation des barons de la filière café cacao, sous Laurent Gbagbo, une ère de renouveau pointait avec la nouvelle administration. Dissolution des anciens organes, et création du conseil café cacao (CCC) en Janvier 2012. Mais entre effets d’annonce et nominations politiques, le management y laisse les plumes. Dès les premières nominations à la tête de la nouvelle structure, les intérêts politiques vont très vite hanter les décisions et curriculum Vitaes. Alors que Yves Brahima Koné, proche d’Alassane Ouattara et Gon Coulibaly, était pressenti à la présidence du CCC, il finira adjoint de Massandjé Touré-Litsé, nommée directrice générale. Cette proche de Soro aura des relations très tendues avec son adjoint qui finira par démissionner 5 mois après. De nombreux autres directeurs seront nommés sur la base du critère d’appartenance politique et de proximité avec le pouvoir. C’est de tradition dans l’administration publique ivoirienne. Le népotisme, faisant place à la corruption comme d’habitude, la suite ne sera pas différente de l’ère Gbagbo. En 2016, un nouveau scandale est révélé dans la filière. En décembre 2016, une violente crise éclate dans la filière. Paysans et exportateurs ne savaient plus où donner de la tête. Alors les premiers entrent en grève, ne trouvant pas d’acheteurs à leurs productions.  Les exportateurs, ayant signé des contrats à terme sans contrepartie, ne pouvaient plus assumer leurs engagements. Cette crise va emporter la directrice générale. Massandje Touré-Litsé sera limogée en Août 201, suit à l’audit de la filière réalisée par le cabinet KPMG. Il a révélé des dettes d’opérateurs pour des contrats non exécutés d’un montant de 65 milliards de Franc CFA, dont 20 milliards dus par un unique opérateur. Yves Brahima Koné tient sa revanche, mais fera-t-il mieux ?

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