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Afrique: Groupes d’intérêts privés et pots-de-vin, perte annuelle de 50 milliards $

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Évoquer la corruption en Afrique suscite le réflexe de se focaliser sur les dessous de tables. Pourtant, Le phénomène est plus important que payer pour un service public gratuit. Des multinationales et autres grands groupes d’intérêts privés n’hésitent pas à racler les fonds de caisses des pays pauvres. On estime à environ 43% les africains vivant dans la pauvreté. Et les avoirs volés se chiffrent à plus de 50 milliards de dollars américains chaque année. Les multinationales sont parfois le point de départ d’une vaste chaîne de corruption au sommet, et de déperdition de ressources en Afrique.

Corruption des normes démocratiques par les groupes d’intérêts privés

Félix Tshisékédi, président de la RDC dont l élection a souffert d énormes contestations

L’Afrique, il est vrai, est réputée pour abriter les administrations les plus corrompues du monde. Mais la corruption ne se produit pas uniquement dans les pays africains. Bien trop souvent, les sociétés commerciales mondiales recourent également à la corruption pour conclure des marchés avec des fonctionnaires et des gouvernements. C’est le B-to-states; des officiels des gouvernements deviennent des VRP ou intermédiaires pour des groupes d’intérêts privés sur des projets d’investissement dans les pays. Parfois, bien que conscients de l’illégalité des procédures d’attribution des marchés, ces groupes d’intérêts ne se gênent pas. Contrairement aux citoyens qui croulent sous le poids de la misère et qui doivent payer des pots-de-vin pour avoir accès à des services publics de base, les multinationales recherchent des droits miniers, des contrats pour de grands projets de construction et d’autres transactions. Les politiciens des pays africains riches en ressources et en minéraux deviennent souvent la cible de telles pratiques commerciales corrompues.

Joseph Kabila et son bras droit Dan Gertler condamné pour corruption par le trésor américain

Le processus part de la négation même des règles, des normes démocratiques et du choix des populations des pays africains. Installer ou soutenir un gouvernement illégal, contre ressources naturelles et soutiens diplomatiques, compromet l’ensemble de la chaîne de valeurs à laquelle aspirent les peuples pour vivre décemment. C’est la porte ouverte à la prolifération de toutes sorte de réseaux illicites. Tous les acteurs politiques africains soutenus par des groupes d’intérêts étrangers, pour l’accession au pouvoir, ne peuvent que mettre en place des gouvernements corrompus. Les entreprises de ses groupes d’intérêts deviennent automatiquement prioritaires sur la quasi-totalité des appels d’offres, ou versent des pots-de-vin pour se voir attribuer des marchés publics importants.

Ces multinationales qui opèrent en toute impunité

Selon le rapport récent de Transparency International, Exporting Corruption, il est établi que seuls 11 grands pays exportateurs – représentant environ un tiers des exportations mondiales – appliquent ou modèrent l’application de la loi à l’encontre des entreprises qui corrompent à l’étranger, y compris en Afrique. Les autres ne parviennent pas à enquêter et à sanctionner de manière adéquate les entreprises qui versent des pots-de-vin à l’étranger. Plusieurs sociétés chinoises, notamment la China Energy Fund Committee, la société de télécommunications ZTE et la société China Roads and Bridge Construction, ont été accusées de corruption de hauts responsables gouvernementaux au Tchad et en Ouganda, en Zambie et au Kenya, respectivement. Des enquêtes contre certaines de ces sociétés ont notamment été instruites dans certains pays. La Chine aussi a des lois anti-corruption étrangères ; Pourtant, rien n’indique que le gouvernement chinois ait enquêté sur ces sociétés ou sur d’autres, accusées de corruption transnationale durant cette période.

Patrick Ho, Deputy Chairman, China Energy Fund Committee

La société de commerce et d’exploitation minière américano- britannique, Glencore, serait impliquée dans une enquête de corruption. Une enquête menée par le Département de la justice des États-Unis sur ses opérations en République démocratique du Congo (RDC). Le milliardaire israélien Dan Gertler, qui s’est associé à Glencore en RDC et qui a investi dans deux projets miniers de ladite société dans le pays, a été sanctionné. Le Département du Trésor américain a motivé la santion par la loi Magnitsky en 2017. Gertler a usé de ses liens d’amitié avec le président Joseph Kabila, pour servir d’intermédiaire dans la vente d’actifs miniers. En 2018, le Trésor a également épinglé 14 sociétés affiliées à Gertler. Entre 2010 et 2012, la RDC aurait perdu plus de 1,36 milliard USD de la sous-évaluation des actifs miniers vendus à des sociétés offshores liées à Gertler.

La société Glencore en collaboration avec le gouvernement de Kabila a été épinglée pour corruption

Pour transparency International, lutter contre la corruption est la clé de la réduction de la pauvreté. Le continent se situe au bas de la liste des régions de l’ Indice de perception de la  corruption (IPC) 2018. Indice sur lequel sept des dix pays les plus pauvres sont originaires d’Afrique. Sur le plan intérieur, des institutions faibles n’ont pas réussi à enrayer la corruption. Ainsi que le mouvement des gains mal acquis en provenance de la région. Les gouvernements africains doivent tenir compte des points de vue des citoyens. Et s’attaquer sérieusement à la lutte contre la corruption.

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