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Afrique de l’Ouest: Attaques Djihadistes au Sahel, ECO et CFA, la France se réorganise-t-elle depuis Abidjan ?

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La dernière visite d’Emmanuel Macron en Côte d’Ivoire le 20 décembre 2019 à Abidjan, laisse entrevoir une manœuvre pour son repositionnement dans la région. En difficulté dans le Sahel,  la France a décidé de réorganiser son dispositif d’influence en Afrique de l’Ouest à partir de la côte d’Ivoire. Alors que les terroristes d’AQMI restent actifs dans la région, la France envisage-t-elle une nouvelle stratégie.

La France laisse-t-elle faire les terroristes pour augmenter les enchères?

Le mystère autour de la mort des 67 soldats de l’armée nigérienne, début décembre 2019, reste encore entier. Juste après le pied de nez fait au président français par les chefs d’Etats du G5 Sahel, suite à “son appel à consultation”, le drame s’était produit. Ce d’autant plus que quelques semaines auparavant, 13 soldats français périssaient  dans   une collision de deux hélicoptères. Selon le rapport officiel, l’accident serait arrivé au cours d’un affrontement avec les djihadistes. La France a-t-elle levé le pied à un moment aussi crucial, laissant le champ libre aux terroristes. Si ce n’est pas le cas, alors le dispositif de la France est-il inopérant, d’où sa réorganisation à partir de la Côte d’Ivoire?

Le président français Emmanuel Macron en pleine discussion avec le président du Niger, Mahamadou Issoufou lors d’une réunion avec les chefs d’Etat des pays du G5 Sahel au sujet des moyens d’accélérer la mise en place de la force antiterroriste en Afrique de l’Ouest, le 13 décembre 2017. (Crédits : Reuters)

En réalité la France ne souhaite plus risquer ses hommes dans une région où ses intérêts ont reculé depuis. L’uranium qui représentait l’une des raison de la présence de la France au Niger depuis plus de 40 ans n’est plus rentable. Orano, filiale d’Areva prépare la fermeture des mines dans le pays, car leur exploitation se ferait à perte. Autre élément important non moins négligeable est la collaboration de l’armée française avec le Mouvement national de libération de l’Azawad, qui revendique toute la région nord du Mali et opposé aux terroristes d’AQMI. Un partenaire certes encombrant, mais utile pour garder un œil sur la zone.

Une promiscuité un peu adultérine, qui dispense l’armée française de combats dans des zones moins maîtrisées par ses unités. Mais surtout une force “supplétive ” qui lui sert d’agent de renseignement et parfois fournisseur d’or et autres minerais de contrebande. Aujourd’hui, les enjeux porté par la nouvelle monnaie crée un autre front sur le plan économique, que la France entend maîtriser. Et Abidjan est le meilleur point de ralliement de ses forces, avec un allié de poids, Alassane Ouattara.

Un engagement opérationnel depuis la Côte d’Ivoire, pour rester debout

Déjà engagé dans une dynamique de fragilisation de l’opposition, le président ivoirien avait besoin du parrainage français pour se débarrasser d’un ” fils” devenu trop gênant, Guillaume Soro. Projet que la mission en Côte d’Ivoire d’Emmanuel Macron aurait entériné. S’embarrasser de principes démocratiques et de justice en Côte d’Ivoire et perdre la face dans le concert des puissances mondiale, n’est pas une  bonne option pour Paris, dans le contexte géopolitique actuel. Tant que la France n’agit pas directement, tout est susceptible d’être justifié plus tard. Ouattara peut donc agir en toute “liberté”. Et détourner l’attention du monde par l’arrestation d’un candidat déclaré à des élections présidentielles en Côte d’ivoire, est bien mieux que de laisser l’opinion s’interroger sur les enjeux de la visite d’Emmanuel Macron à Abidjan.

En l’occurrence comprendre la coïncidence de la visite de Macron avec le carnage des militaires nigériens, le timing de suppression des barrières douanières entre l’UE et la Côte d’Ivoire, la “fin du CFA”, du compte d’opération, l’affirmation de la garantie de la parité fixe, et le départ des “fantômes” des fonctionnaires du trésor français de l’UEMOA et à la BECEAO. Le discours de Macron face au militaires français de 43 BIMA en dit assez, quand il dit pouvoir compter sur l’engagement des marines français pour “les opérations qui seront menées ici et à partir d’ici” (NDLR: Abidjan).

Avec l’avènement de l’ECO, Londres est désormais aux cœur des “jardins économiques préférentiels de la France”, via le Ghana et le Nigéria. Si le gouverneur du district d’Abidjan Beugré Mambé garantit à la à la France un marché de consommation, la compétition s’annonce rude pour les entreprises françaises de la région.

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